Tu vas voir…

Tu vas voir
Tu vas voir qu’après ça, ça continuera
Tu vas voir qu’après ça,  on bossera plus pour trop peu
Tu vas voir qu’après ça, ce sera pour toujours
Tu vas voir qu’après ils diront que c’est normal
Tu vas voir qu’ils nous diront qu’ils n’avaient pas le choix
Tu vas voir qu’ils f’saient ça pour le bien commun
Tu vas voir qu’ils vont dire que c’était une bonne idée
Tu vas voir, i’vont la garder, leur fichue bonne idée
Tu vas voir qu’on restera confiné
Tu vas voir qu’ils répéteront que c’est pour nous aider
Tu vas voir qu’ils vont trouver un truc
Tu vas voir, un truc pas net chez nous, les êtres humains
Tu vas voir, ce truc pas net les force à nous enfermer.
Tu vas voir, ça nous force nous, mais pas eux.
Tu vas voir, tu ne les verras plus, tes amis
Tu vas voir, tu les reconnaîtras : ils te manqueront plus que les autres
Tu vas voir, tu réapprendras à écrire
Tu vas voir, le papier, c’est cool :tu peux le brûler
Tu vas voir, ça laisse pas de trace
Tu vas voir, tu regretteras ou pas certaines choses ou endroits
Tu vas voir que ç’changera rien à c’que t’étais déjà :t’avais fait de toi quelqu’un de bien, déjà
Tu vas voir, tu vivras,

Tu vivras sans vivre, mais personne n’a jamais su c’que c’était, au fond
Tu vas voir, tu vivras
On mourra tous, un jour
Mais tu ne seras peut-être pas là pour voir ça.

 

 

Sylvia Saeba, 26 Mars 2020

 

 

« C’était pas censé se finir comme ça.
T’etais pas censé partir sans rien dire, te coucher sans parler toi qui prône le  » ne jamais se coucher fâché. »
C’était pas censé se finir comme ça.
C’était pas censé se finir.
Je nous imaginais toi et moi, toujours unies,
Toujours à faire pâlir les autres d’envie
Devant ce lien que tant trouvaient magique.
Je nous imaginais toi et moi toujours unies,
Toi et moi, amies pour la vie.

Je ne pensais pas que cette vie aurait une fin de notre vivant.
Est ce à la première, la deuxième, la troisième dispute, ton énième pique que j ai compris que je ne pouvais plus, que je ne pourrais plus effacer, mettre dans un coin de ma tête ces mots probablement dits par colère passagère, amertume, fatigue, quel que soit, dits quand même. Peut être les méritais je, j’imagine qu’il y avait du vrai, mais je m’interroge sur la motivation. Et c’est cela ce qui me rend chagrine: voulais- tu mon bien ou mon mal?  »

Saeba, 16/08/17

ANA

ANA

Elle s’appelle Ana.
Pas Anabelle ou Anastacia.
Ana.
Simplement, Ana.
A. N. A

Ana ne mange pas.
Vous vous demanderez ptet pourquoi.
C’est ainsi, elle-même ne sait pas; Ana ne mange pas.
Pas faim? La raison est probablement là.
Pas le temps? On ne comprendrait pas.
Fainéantise? Oui, c’est sûrement cela.
Mais le fait est là: Ana ne mange pas.

Allez, faut tenir quand même,
Et puis c’est pas encore une pro, Ana;
Donc elle pique un bout par ci, par-là.
Rien de bien consistant, juste de quoi tenir deux heures ou trois,
Après on verra.
On verra si elle peut tenir sans cela.

Elle serait bien incapable de vous dire pourquoi…
Pourquoi elle fait cela.

Elle se pose la question…
Le monde a-t-il vraiment besoin d’Ana?
Elle ne sait pas. Alors, en attendant de trouver une réponse à ces questions-là,
Ana ne mange pas.

 

SAEBA,

MARS 2016

 » I know you, I walked with you once upon a dream… »

Elle erre..
Silhouette éphémère..
Comment tient-elle debout?
A la fois évidence et mystère..

Mystère..
D’un coeur exsangue.
Corps non irrigué, désaltéré.
Chaque seconde, elle oscille entre le Ciel et la Terre.
Entre se laisser tomber et ne pas se relever.
Se relever et devenir son opposé.

Elle erre..
Au milieu des sombres allées…
Au milieu des ombres qui ne veulent pas s’en aller..
Elle sait pourtant un peu, la lumière..
Un souvenir en elle…Juste après l’orée..

Saeba.

HBD and HNY..

Chaque âge, chaque année, chaque tranche de vie, apporte son lot de défis.
Tu as eu ton lot de défis et chaque fois tu les as relevés du mieux que tu pouvais:
avec brio, parfois et honnêteté, souvent.
Tu as appris des choses sur toi auxquelles tu ne t’attendais pas,
tu as souffert comme tu as fait souffrir,
tu as ri comme tu as fait rire ,
tu as aidé..beaucoup aidé, comme on t’a parfois aidé.
Tu as donné des conseils avisés
quand tes propres incertitudes, tu t’appliquais à dissimuler.
Tu apprendras d’autres choses sur toi qu’il t’appartiendra d’aimer ou pas,
tu feras ou diras des choses dont tu seras fier ou pas,
dont les conséquences tu te moqueras ou pas,
tu appliqueras des leçons apprises autrefois, … :
une chose est sûre: tu ne seras plus le même.

Que puis-je alors te souhaiter, à toi qui semble avoir tout trouvé?

Puisses-tu être aimé, comme tu as aimé,
être aussi heureux que l’on te rendit malheureux.
Puisse le temps être formateur
et te permettre de comprendre tes erreurs.
Puisses-tu modérer les promesses que tu feras,
continuer à faire rire rien qu’en éclatant de rire,
continuer à envoyer valser toutes les difficultés
d’un simple  » c’est comme ça que c’est bon! » ,
avec ce timbre de voix haut perché;
t’inventer un jour entre le vendredi et le samedi
ou le dimanche et le lundi,
pourvu qu’il y ait un 8ème jour, pardi!
Puisses-tu te rappeler que critiquer n’est pas forcément mépriser,
qu’on a tous besoin d’un temps pour s’adapter.
Puisses-tu comprendre les maux derrière certains mots dits sans morosité,
quand bien même ces mots ne seraient pas tout roses…
Puisses- tu porter encore plein de « poom poom » shorts
pour partir à l’Assaut de toutes les côtes,
et trouver le rythme qui satisfera tes ambitions.
Puisses-tu déceler le beau, le bon et le bien dans les échanges décousus.
Puisse le temps être un allié et rappeler, le moment voulu, l’entente qui fut.

Puisse le temps, être.

 

HBD & BW

 

SAEBA, 11 Janvier 2015

 

 

DESACCORDS IMPARFAITS …

Puisse-t-elle encourager tes travers quotidiens,
Supporter tes drôleries méprisantes d’un calme olympien,
Avoir l’air de cette bourge qui t’inspire tant de dédain,
Tout en te donnant envie de porter du daim.
A moi les tong et autres tenues primaires,
À elle les grands efforts vestimentaires
Que par hasard, pour moi, il t’arrivait de faire.

Puisse-t-elle encourager ton rythme décalé
Et être prête à t’accompagner
Quand de méandres en méandres, dans lesquels tu sembles tant aimer te vautrer,
Tu finiras finalement par t’enliser.
Ou alors, peut-être sera-t-elle celle que tu voudras écouter,
Simplement parce que ce n’est pas moi qui te le dirai.

Puisse -t-elle…
Puisse -t-elle faire de toi le torchon de larmes passées,
Comme tu te servis de moi pour serpiller
La surface encrassée par les souvenirs de celle qui t’avait rejetée.
Puisses-tu trouver les mots pour une amie, perdue
Te rappeler l’entente cordiale qui fut.

Puisses-tu me revenir toi, l’ami que j’ai eu.

CocoStrophe SAEBA, 22 Déc 2015