Paroles de Vie, Paroles d’Envie

« Personne n’en sait suffisamment pour être pessimiste. »

C’est la phrase que je retiendrai, de ce soir. On pourrait en retenir tellement d’autres.. C’est le principe du Slam, le principe de cette mise en scène: se reconnaître à travers les mots de ces slameurs, si ce n’est pas à travers leurs mots, à travers leurs attitudes, leurs façons d’être, de parler, les histoires racontées, à travers leurs idées quand bien même les mots employés ne seraient pas ceux que nous aurions utilisés.

On repart avec cette force nouvelle de ceux à qui on a redonné espoir, ceux à qui on a redonné envie d’y croire, ceux qui ont compris qu’à certains moments on broiera du noir mais que toujours, les paroles de vie, il nous faudra boire. L’Envie nous reviendra toujours, tôt ou tard.

Paroles de Vie, Paroles d’Envie,

Mercredi 30 Mars 2016, Atrium.

On est allé voir 10, Cloverfield Lane

10 CLOVERFIELD LANE ou de la maïeutique des armes..

Il faut souvent des événements extraordinaires pour nous révéler à nous-mêmes, révéler nos potentiels, nos ressources extrêmes en cas de situation extrême. C’est le principe de Coverfield. Dès le départ, la nature du personnage est campée: nous avons une combattante. Dès le début du film, elle n’a de cesse de lutter et de trouver des solutions, prémisses d’une nature qui détermineront son choix final. Le film se révèle alors son parcours initiatique pour la préparer à pire, pire qui ne nous sera pas narré mais qu’on nous laisse imaginer.
Le film semble contenir deux histoires superposées: il y a effectivement un huit clos de captive avec une prolepse extra diététique qu’on découvre au fur et à mesure ( en particulier concernant l’histoire du ravisseur), et l’histoire de l’attaque chimique même qui se poursuivra au-delà du générique de fin.
Quelques éléments brefs juste suffisants pour poser l’épouvante et l’attente du dénouement, un côté M.N. Shyamalan.
John Goodman…on a du mal à entrer dans son rôle quand on se rappelle de lui dans Blues Brothers 2000! Mais il gagne ce pari!
Plutôt cool comme film!

 » I know you, I walked with you once upon a dream… »

Elle erre..
Silhouette éphémère..
Comment tient-elle debout?
A la fois évidence et mystère..

Mystère..
D’un coeur exsangue.
Corps non irrigué, désaltéré.
Chaque seconde, elle oscille entre le Ciel et la Terre.
Entre se laisser tomber et ne pas se relever.
Se relever et devenir son opposé.

Elle erre..
Au milieu des sombres allées…
Au milieu des ombres qui ne veulent pas s’en aller..
Elle sait pourtant un peu, la lumière..
Un souvenir en elle…Juste après l’orée..

Saeba.

HBD and HNY..

Chaque âge, chaque année, chaque tranche de vie, apporte son lot de défis.
Tu as eu ton lot de défis et chaque fois tu les as relevés du mieux que tu pouvais:
avec brio, parfois et honnêteté, souvent.
Tu as appris des choses sur toi auxquelles tu ne t’attendais pas,
tu as souffert comme tu as fait souffrir,
tu as ri comme tu as fait rire ,
tu as aidé..beaucoup aidé, comme on t’a parfois aidé.
Tu as donné des conseils avisés
quand tes propres incertitudes, tu t’appliquais à dissimuler.
Tu apprendras d’autres choses sur toi qu’il t’appartiendra d’aimer ou pas,
tu feras ou diras des choses dont tu seras fier ou pas,
dont les conséquences tu te moqueras ou pas,
tu appliqueras des leçons apprises autrefois, … :
une chose est sûre: tu ne seras plus le même.

Que puis-je alors te souhaiter, à toi qui semble avoir tout trouvé?

Puisses-tu être aimé, comme tu as aimé,
être aussi heureux que l’on te rendit malheureux.
Puisse le temps être formateur
et te permettre de comprendre tes erreurs.
Puisses-tu modérer les promesses que tu feras,
continuer à faire rire rien qu’en éclatant de rire,
continuer à envoyer valser toutes les difficultés
d’un simple  » c’est comme ça que c’est bon! » ,
avec ce timbre de voix haut perché;
t’inventer un jour entre le vendredi et le samedi
ou le dimanche et le lundi,
pourvu qu’il y ait un 8ème jour, pardi!
Puisses-tu te rappeler que critiquer n’est pas forcément mépriser,
qu’on a tous besoin d’un temps pour s’adapter.
Puisses-tu comprendre les maux derrière certains mots dits sans morosité,
quand bien même ces mots ne seraient pas tout roses…
Puisses- tu porter encore plein de « poom poom » shorts
pour partir à l’Assaut de toutes les côtes,
et trouver le rythme qui satisfera tes ambitions.
Puisses-tu déceler le beau, le bon et le bien dans les échanges décousus.
Puisse le temps être un allié et rappeler, le moment voulu, l’entente qui fut.

Puisse le temps, être.

 

HBD & BW

 

SAEBA, 11 Janvier 2015

 

 

DESACCORDS IMPARFAITS …

Puisse-t-elle encourager tes travers quotidiens,
Supporter tes drôleries méprisantes d’un calme olympien,
Avoir l’air de cette bourge qui t’inspire tant de dédain,
Tout en te donnant envie de porter du daim.
A moi les tong et autres tenues primaires,
À elle les grands efforts vestimentaires
Que par hasard, pour moi, il t’arrivait de faire.

Puisse-t-elle encourager ton rythme décalé
Et être prête à t’accompagner
Quand de méandres en méandres, dans lesquels tu sembles tant aimer te vautrer,
Tu finiras finalement par t’enliser.
Ou alors, peut-être sera-t-elle celle que tu voudras écouter,
Simplement parce que ce n’est pas moi qui te le dirai.

Puisse -t-elle…
Puisse -t-elle faire de toi le torchon de larmes passées,
Comme tu te servis de moi pour serpiller
La surface encrassée par les souvenirs de celle qui t’avait rejetée.
Puisses-tu trouver les mots pour une amie, perdue
Te rappeler l’entente cordiale qui fut.

Puisses-tu me revenir toi, l’ami que j’ai eu.

CocoStrophe SAEBA, 22 Déc 2015

On est allé voir le film Chocolat..

                    La première chose que j’ai envie de dire sur le film Chocolat est….fout i ka semb granpapay’!! De dos seulement, la ressemblance entre James THIERREE et son grand-père, Charlie Chaplin, est saisissante. De dos seulement: le port, la démarche, la carrure, la taille… C’est pareil. Charlot réincarné. De face, tout y est également. Pur héritage de cet anglais issu de la classe moyenne. On ne croira pas que c’est le hasard qui a guidé James vers ce rôle de clown dans Chocolat : les chiens ne font pas des chats. Comme son dos dit tout de la contradiction inhérente au métier du clown: savoir faire rire alors même que son coeur saigne. Son jeu sert bien le personnage: très réservé, très, très réservé. Il se contente (?) de traverser les événements en trouvant les bonnes idées pour survivre. Loin d’être insensible, il a simplement compris qu’il y a des codes et qu’il y a des moments pour les bousculer.

Il faudrait se pencher un peu plus longuement sur l’histoire de Rafael pour mieux se rendre compte de la pertinence du jeu d’Omar SY. Pour autant, il y a un côté simpliste donné à son personnage Chocolat, pas simple d’esprit mais simpliste car, après tout ce par quoi il est passé, il a simplement envie de profiter de cette nouvelle vie. C’est un peu brûler la chandelle par les deux bouts parce que, il a déjà tellement peu eu que redevenir une loque ne lui sera pas tout à fait inconnu. Il y a cette urgence de vivre. C’est cela : une urgence de sortir de son passé –forcément, de son histoire de famille. Urgence à sortir d’abord de sa condition sociale, ensuite, urgence à sortir des stéréotypes, stéréotypes dont il n’avait pas conscience parce qu’il veut simplement vivre.

Chocolat a-t-il ouvert la voie pour que les futurs « acteurs/comédiens » Noirs s’engouffrent dans cette brèche sans espoir d’en sortir ou avait-il compris qu’à une époque qui ne serait pas la sienne, elle serait un tremplin ?

Quelle scène superbe que cette scène entre Chocolat et ce jeune homme croisé à l’Exposition Coloniale. On est persuadé qu’il comprend la langue de ce jeune homme. Quelle scène superbe…

         Chocolat pourrait également être une histoire de l’onomastique. Autant d’identités que de noms. Dire que le nom nous fait serait un raccourci trop simple car au final, on choisit ce qu’on met dans notre nom. Chocolat s’est laissé prendre par le personnage qu’il a dû créer pour survivre. Il y avait forcément une part de Chocolat, de ce comique en lui, fondamentalement. Mais une fois récupéré son vrai nom, on réalise bien qu’il désire  se débarrasser de cette image de clown qui lui colle à la peau (…) et anoblir cette couleur dont il n’avait pas cette conscience occidentale au départ.

On aime ou on n’aime pas l’absence de remise en question de sa part de se faire botter le cul chaque soir pour plaisanter. On laisse cheminer les conclusions qui doivent en découler.

 Chocolat. C’était il y a 100 ans…Pour certains, l’époque de nos grands-parents…

12 Février 2016