On est allé voir le film Chocolat..

                    La première chose que j’ai envie de dire sur le film Chocolat est….fout i ka semb granpapay’!! De dos seulement, la ressemblance entre James THIERREE et son grand-père, Charlie Chaplin, est saisissante. De dos seulement: le port, la démarche, la carrure, la taille… C’est pareil. Charlot réincarné. De face, tout y est également. Pur héritage de cet anglais issu de la classe moyenne. On ne croira pas que c’est le hasard qui a guidé James vers ce rôle de clown dans Chocolat : les chiens ne font pas des chats. Comme son dos dit tout de la contradiction inhérente au métier du clown: savoir faire rire alors même que son coeur saigne. Son jeu sert bien le personnage: très réservé, très, très réservé. Il se contente (?) de traverser les événements en trouvant les bonnes idées pour survivre. Loin d’être insensible, il a simplement compris qu’il y a des codes et qu’il y a des moments pour les bousculer.

Il faudrait se pencher un peu plus longuement sur l’histoire de Rafael pour mieux se rendre compte de la pertinence du jeu d’Omar SY. Pour autant, il y a un côté simpliste donné à son personnage Chocolat, pas simple d’esprit mais simpliste car, après tout ce par quoi il est passé, il a simplement envie de profiter de cette nouvelle vie. C’est un peu brûler la chandelle par les deux bouts parce que, il a déjà tellement peu eu que redevenir une loque ne lui sera pas tout à fait inconnu. Il y a cette urgence de vivre. C’est cela : une urgence de sortir de son passé –forcément, de son histoire de famille. Urgence à sortir d’abord de sa condition sociale, ensuite, urgence à sortir des stéréotypes, stéréotypes dont il n’avait pas conscience parce qu’il veut simplement vivre.

Chocolat a-t-il ouvert la voie pour que les futurs « acteurs/comédiens » Noirs s’engouffrent dans cette brèche sans espoir d’en sortir ou avait-il compris qu’à une époque qui ne serait pas la sienne, elle serait un tremplin ?

Quelle scène superbe que cette scène entre Chocolat et ce jeune homme croisé à l’Exposition Coloniale. On est persuadé qu’il comprend la langue de ce jeune homme. Quelle scène superbe…

         Chocolat pourrait également être une histoire de l’onomastique. Autant d’identités que de noms. Dire que le nom nous fait serait un raccourci trop simple car au final, on choisit ce qu’on met dans notre nom. Chocolat s’est laissé prendre par le personnage qu’il a dû créer pour survivre. Il y avait forcément une part de Chocolat, de ce comique en lui, fondamentalement. Mais une fois récupéré son vrai nom, on réalise bien qu’il désire  se débarrasser de cette image de clown qui lui colle à la peau (…) et anoblir cette couleur dont il n’avait pas cette conscience occidentale au départ.

On aime ou on n’aime pas l’absence de remise en question de sa part de se faire botter le cul chaque soir pour plaisanter. On laisse cheminer les conclusions qui doivent en découler.

 Chocolat. C’était il y a 100 ans…Pour certains, l’époque de nos grands-parents…

12 Février 2016

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